La 63e session du Conseil des droits de l’homme se tient à Genève du 7 septembre au 10 octobre 2026. Retrouvez au fur et à mesure les différentes interventions de PBI sur la situation des droits humains.
Disparitions forcées ou involontaires
15 septembre: PBI a fait une déclaration (en anglais) dans le cadre du dialogue interactif avec le groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires.
- Au Kenya, PBI a exprimé sa préoccupation face aux 196 disparitions forcées recensées depuis 2019, à l’absence de législation les criminalisant spécifiquement et au risque de poursuite de ces pratiques à l’approche du prochain cycle électoral.
- Au Mexique, PBI a alerté sur la crise des disparitions au Mexique, où plus de 130›000 personnes sont portées disparues, et à l’absence de progrès dans l’enquête sur les disparitions forcées d’Edmundo Reyes et Gabriel Cruz, malgré la création d’une Commission spéciale en 2022.
- En Colombie, PBI a dénoncé la persistance des disparitions et aux risques encourus par les personnes qui recherchent les disparu·e·s, notamment après le meurtre de Claribel Moreno, les attaques contre Cleiner Almanza et le retrait du dispositif de protection d’Andrea Torres Bautista, tout en appelant à la pleine mise en œuvre de la loi 2364 sur les femmes chercheuses.
Vérité, justice, réparation et garanties de non-répétition
16 septembre: PBI a présenté oralement une déclaration (en espagnol) dans le cadre du dialogue interactif avec le Rapporteur Spécial sur la vérité, la justice, la réparation et la garantie de non-répétition (voir vidéo à 1:34:15).
- En Colombie, PBI a exprimé sa vive préoccupation face à la persistance de la violence au Putumayo, au Magdalena Medio et au Bajo Atrato, dix ans après l’Accord de paix. Face à la dépossession territoriale et au contrôle armé que subissent les communautés, PBI appelle l’État à garantir leur protection et celle des défenseurs·euses des droits humains, indispensable à la construction d’une paix territoriale réelle.
- Au Mexique, PBI a dénoncé les processus de revictimisation subis par les familles de personnes disparues de force, comme celles d’Edmundo Reyes et de Gabriel Cruz, disparus en 2007. PBI appelle à des enquêtes rapides et efficaces garantissant aux familles leurs droits à la vérité et à la justice.
- Au Guatemala, PBI a alerté sur les importants reculs observés malgré les avancées historiques en matière de justice transitionnelle, du fait de la cooptation du système judiciaire et du négationnisme. PBI a exhorté le Rapporteur et les États à soutenir la restauration du système de justice, garantir la sécurité et le procès équitable, et prioriser le Plan de réparation et la Politique de protection des personnes défenseuses.
- Au Nicaragua, PBI a dénoncé la persistance de l’impunité face aux graves violations des droits humains documentées depuis 2018, dont certaines constitutives, prima facie, de crimes contre l’humanité. Malgré la répression, les organisations nicaraguayennes continuent leur travail de documentation et appellent la communauté internationale à poursuivre son soutien des processus de mémoire, vérité et justice.
Droits des paysans
16 septembre: José Eduardo Wuqu-Aj Saloj Yaxon a présenté oralement, au nom de Franciscains International, une déclaration commune (en espagnol) dans le cadre du dialogue interactif avec le Groupe de travail sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (voir vidéo à 00:12:08).
- Au Guatemala, la perte progressive des semences natives, l’expansion des monocultures et l’usage intensif d’agrochimiques menacent la souveraineté alimentaire, l’eau, la santé et la biodiversité, tandis que les communautés paysannes et autochtones restent tenues à l’écart de la gouvernance de leurs semences. Les expulsions forcées se poursuivent en dehors des standards internationaux et, deux ans après la signature de l’Accord agraire, aucun moratoire n’a été déclaré ni aucun progrès substantiel réalisé vers la propriété collective des peuples autochtones.
- La déclaration a également dénoncé l’instrumentalisation du droit pénal : grands propriétaires terriens et entreprises recourent au Parquet contre l’usurpation pour criminaliser les luttes pour l’accès à la terre et au logement. Elle appelle le Conseil à exhorter le Guatemala à déclarer un moratoire sur les expulsions, rendre effective la Politique de protection des personnes défenseuses, évaluer l’action du Parquet contre l’usurpation, et garantir le consentement libre, préalable et éclairé des peuples autochtones ainsi que la participation des communautés paysannes à la gouvernance de leurs semences. Elle demande enfin aux États de renouveler le mandat du Groupe de travail.
Rapport sur la situation au Nicaragua
21 septembre: Lusben Taylor, défenseur et leader autochtone mayangna, a lu au nom de PBI une déclaration (en espagnol) dans le cadre du dialogue interactif sur le rapport du Haut-Commissaire sur la situation des droits humains au Nicaragua (voir vidéo à 1:49:47).
- Lusben Taylor a dénoncé la crise multidimensionnelle qui menace la survie physique, culturelle, territoriale et politique du peuple Mayangna au Nicaragua. Déplacements forcés, occupation des terres ancestrales, assassinats de leaders et de membres des communautés : huit gardes forestiers mayangnas et quatre leaders indigènes restent en détention arbitraire, tandis que les communautés de Wilú, Kitangsar et de la mine Sulun demeurent assiégées.
- Il a également alerté sur l’expansion des concessions minières et des activités extractives sans consultation ni consentement préalable, libre et éclairé : 63 lots miniers se trouvent actuellement en territoires indigènes et afrodescendants. Il a appelé le Conseil à ne pas laisser cette tragédie se normaliser, ni les territoires mayangnas devenir des zones sacrifiées.
Situation au Mexique
22 septembre: Nuria Yamada, défenseuse du Mouvement pour la défense de la forêt et des bassins versants de Tancítaro (MODEBOCU) a lu au nom de PBI une déclaration orale (en espagnol) dans le cadre du débat général sur les situations des droits humains nécessitant l’attention du Conseil (voir vidéo à 37:14).
- Nuria Yamada a dénoncé les violences contre les personnes défenseuses des droits humains au Michoacán, où l’exploitation minière et l’agro-industrie prospèrent au détriment des forêts, de l’eau et des communautés. Premier producteur mondial d’avocats, le Michoacán connaît une violence élevée contre celles et ceux qui s’opposent à la déforestation et à l’expansion des cultures, comme en témoignent la disparition d’Eustacio Alcalá, José Gabriel Pelayo et José Luis Silva, ou la criminalisation de Mari Cruz Paz, défenseuse purépecha détenue par l’État depuis plus de deux ans.
- Elle a souligné que l’impunité quasi totale et l’absence d’accès à la justice aggravent la crise des disparitions et des assassinats de défenseur·es, et renforcent les réseaux de macro-criminalité liés au contrôle territorial du crime organisé. Elle a exigé que leur sécurité soit garantie par la mise en œuvre effective des lois et mécanismes nationaux et étatiques, notamment la Loi pour la protection des personnes défenseuses des droits humains et des journalistes.
Droits des peuples autochtones
24 septembre: PBI a présenté oralement une déclaration (en anglais) dans le cadre du dialogue interactif avec le Mécanisme d’experts sur les droits des peuples autochtones (voir vidéo à 1:42:30).
- Au Kenya, PBI a dénoncé la non-exécution des décisions de la Cour africaine reconnaissant la forêt de Mau comme terre ancestrale des Ogiek, alors que plus de 700 familles ont été expulsées de force de Sasimwani en 2023.
- Au Guatemala, PBI a alerté sur le fait que les défenseur·es autochtones sont la cible principale des attaques physiques et de discours stigmatisants qui ravivent la figure de « l’ennemi intérieur » à l’origine du génocide ixil. Luis Pacheco, Héctor Chaclán et d’autres ont été emprisonnés plus de deux ans sans fondement.
- Au Nicaragua, PBI a dénoncé l’intensification de la dépossession violente des territoires autochtones sur la côte caraïbe par des colons : entre août et septembre 2026, la communauté mayangna de Wilú a de nouveau été assiégée par des colons armés, et huit gardes forestiers mayangnas restent détenus.
- Au Honduras, la Loi pour le renforcement et la protection du secteur agro-industriel a entraîné trois expulsions en moins de trois mois. Le 6 juillet, la communauté garífuna de San Juan a été expulsée de terres reconnues par la Cour interaméricaine, et cinq défenseur·es font l’objet de poursuites pénales.
- En Colombie, le Resguardo kichwa de San Marcelino subit les incursions de l’armée équatorienne, le contrôle des Comandos de la Frontera et la contamination pétrolière de son eau, constatée par le HCDH.
- 25 septembre: Examen périodique universel: rapport UPR sur le Nicaragua
- 29 septembre: Promotion de la justice raciale et de l’égalité dans l’application de la loi
Side events PBI:
- 21 septembre (18h15) : événement parallèle sur le Nicaragua «Nicaragua: Political imprisonment, enforced disappearances and repression beyond borders», coorganisé par la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), le Groupe d’experts des Nations unies sur les droits humains au Nicaragua (GHREN) et le Colectivo 46/2, une coalition de 21 organisations nicaraguayennes, régionales et internationales de défense des droits humains dont PBI est membre.
24 septembre (13h00): événement parallèle lié à la Women Human Rights Defenders Advocacy Week «The Nexus between Gender, Climate and Conflict«
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Plus d’informations:
- Pour plus d’informations sur cette 63e session, visitez la page de l’OHCHR
- Agenda à jour: https://hrc63.sched.com/