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Au MEDPI, PBI Suisse porte les revendications des peuples autochtones à l'ONU

Du 13 au 17 juillet, PBI Suisse a participé à la 19e session du Mécanisme d'expert·e·s sur les droits des peuples autochtones (MEDPI/EMRIP) des Nations unies à Genève. Ce mécanisme conseille le Conseil des droits de l'homme sur la mise en œuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et constitue un espace privilégié où les peuples autochtones, les organisations de la société civile et les États échangent sur les défis actuels et les moyens de renforcer la protection de leurs droits.

Au cours de cette session, PBI Suisse est intervenue sur la situation au Guatemala et a coorganisé un événement parallèle consacré au Nicaragua, soulignant les violations persistantes des droits des peuples autochtones et le rôle essentiel des personnes défenseuses des droits humains.

Guatemala : trente ans après les accords de paix, les droits des peuples autochtones restent bafoués

Dans une déclaration orale (en espagnol) devant le MEDPI, PBI a rappelé que la majorité des quelque 200'000 personnes tuées, 45000 personnes disparues et un million de personnes déplacées durant le conflit armé interne au Guatemala appartenaient aux peuples maya, xinka et garífuna. Malgré la reconnaissance du génocide par plusieurs juridictions et l'Accord sur l'identité et les droits des peuples autochtones signé en 1995, les discriminations structurelles et les inégalités persistent.

PBI a notamment dénoncé la criminalisation des personnes défenseuses des terres et des territoires, majoritairement autochtones, ainsi que les expulsions forcées qui continuent de violer les normes internationales. Nous avons appelé le MEDPI à promouvoir la mise en œuvre des recommandations internationales relatives aux droits fonciers des peuples autochtones et à soutenir un moratoire sur les expulsions tant que leurs territoires ne bénéficient pas de garanties juridiques effectives.

 

Nicaragua : Brooklyn Rivera, symbole des atteintes aux droits des peuples autochtones

PBI Suisse a également modéré un événement parallèle consacré à la disparition forcée et à la mort sous la garde de l'État de Brooklyn Rivera, dirigeant historique miskitu et défenseur des droits des peuples autochtones de la côte caraïbe du Nicaragua, décédé le 30 mai 2026 après près de trois années de détention au secret. Organisé par Raza e Igualdad, RIDHE, Peace Brigades International et Geneva for Human Rights, en partenariat avec des organisations autochtones et afrodescendantes du Nicaragua, l'événement a rassemblé des représentant·e·s des mécanismes des Nations unies, des missions diplomatiques et de la société civile. Modéré par Claire Moretto, coordinatrice du plaidoyer de PBI, le panel a réuni Anexa Alfred Cunningham, vice-présidente du MEDPI, Carlos Quesada, directeur exécutif de Raza e Igualdad, Winnye Bernard, juriste à la RIDHE, ainsi que Tininiska Rivera, défenseuse des droits humains et fille de Brooklyn Rivera.

Dans un témoignage particulièrement émouvant, Tininiska Rivera est revenue sur près de trois années d'incertitude après l'arrestation arbitraire de son père, sa disparition forcée, puis sa mort en détention. Elle a également dénoncé le refus des autorités nicaraguayennes de restituer son corps à sa famille afin qu'il puisse être enterré conformément aux traditions du peuple miskitu, ainsi que les représailles visant plusieurs membres de sa famille lorsqu'ils ont réclamé sa dépouille. Aujourd'hui encore, la famille poursuit son combat pour obtenir la restitution de son corps et faire toute la lumière sur les circonstances de son décès. Elle a également décrit le climat de peur qui règne au Nicaragua, où des lois répressives sont utilisées pour criminaliser la liberté d'expression et réduire au silence les voix critiques.

Les intervenant·e·s ont rappelé que cette affaire dépasse le cas individuel de Brooklyn Rivera : elle illustre les risques auxquels sont confrontés les peuples autochtones qui défendent leurs droits et coopèrent avec les mécanismes internationaux des Nations Unies. Ils ont appelé à une enquête indépendante, à la vérité, à la justice, à des réparations pour les victimes ainsi qu'à des garanties de non-répétition. Ils ont également demandé que le cas soit pris en compte dans les travaux du MEDPI et d'autres mécanismes onusiens compétents.

Flyer de l'événement

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